Ah Boston, le Massachussetts. Le Massachussetts et ses universités, le MIT et Harvard en tête. Le Massachussetts et sa ville phare, Boston. Ah Boston, terre natale de Benjamin Franklin, Edgar Allan Poe ou encore berceau des Kennedy. Ah Boston, lieu où la haute technologie côtoie l’éducation, où l’éducation côtoie le passé plus ouvrier de la ville, où ce passé côtoie la modernité culturelle…la musique. Ah Boston, lieu où l’Amérique a un goût d’Irlande et où Ben Affleck braque des banques dans le sympathique The Town. Ah Boston, lieu d’anticonformisme et de révolte, de révolution, d’évolution.
Car c’est de ça dont nous allons parler, de (r)évolution. Depuis plusieurs années maintenant les fans de Musique Punk en général et plus particulièrement de Hardcore sont habitués à voir les nouveautés venir de Boston. Slapshot d’abord, les Pixies qui auront largement inspiré Nirvana, les génies de Converge qui ont redonnés un sens au mot chaos, les Dropkick Murphy qui ont remis au goût du jour la musique Celte et plus récemment le condensé d’émotion qui a ravagé la scène Hardcore pendant son existence, Have Heart, qui nous a montré que le Boston des cartes postales était un temps soit peu différent du vrai Boston grâce au hurlements de Pat Flynn, qui aura marqué l’esprit de tout coreux avec son splendide texte sur la non moins splendide « Bostons » ! Mais de Boston vient aussi The Unseen.Vous devez vous demandez pourquoi je vous dis tout ça, vous devez vous demandez où tout cela mène. Et bien c’est simple, tout cela nous amène à la dernière « révolution » dans la scène Hardcore Punk, ASHERS ! ensuite et depuis la liste s’est allongé : les génies de
Qu’est ce qu’Ashers ? Ashers est le résultat de la rencontre des deux frontmen de deux des meilleurs groupe de Punk de la ville de Boston, Mark Civitarese – plus connu sous le nom de Mark Unseen – des Unseen donc et Billy Brown de Crash & Burn (entre autre). La troupe est donc constitué de la sorte, Mark Unseen prend les vocals, Billy Brown est le guitariste principal, ensuite, Joe Packard le collègue de Brown dans Deadly Sins s’occupe de la Basse, et deux « inconnus » se joignent à la bande en la personne de Justin Brooks à la deuxième guitar et de Kasey RiveraKill your Masters. le batteur. Passons aux choses sérieuses maintenant puisqu’il y a beaucoup de choses à dire sur ce groupe et sur leur premier Full Lenght, Kill Your Master
Dés les premières note de la chanson éponyme qui ouvre l’album on est plongé dans l’ambiance, une guitare ténébreuse qui nous prévient qu’on est rentré dans quelque chose qui va faire mal. Et quand Mark lâche son premier cri on comprend à quoi on a affaire. En effet, non seulement cette chanson d’ouverture est une bombe qui part à 100 à l’heure mais en plus elle montre déjà tout le talent du groupe. Les guitares produisant un son mélangeant Trash/Heavy Metal à du Hardcore old school bien rapide nous captiverons tout l’album, même si on a l’impression qu’elle cache un peu la basse sur les 4 premiers morceaux. Mais le travail qu’elles effectuent sur des morceaux comme « Kill Your Masters », « Vanished », « Blood and Grain » et son intro Rock au possible - chanté par Billy Brown -, « Now So Clear » (le single de ce premier album) est vraiment de très bonne qualité. Néanmoins il se peut que le son paraisse répétitif à certain, mais au bout de la deuxième écoute on arrive à discerner plus clairement la qualité de ces guitares qui a elles seules procurent une vraie identité au groupe.
Mais n’allez pas croire que la Basse en est absente pour autant, si sur les 4 premiers morceaux elle parait un peu mise de côté elle ouvre le 5ème morceaux du CD, « Watch It Burn » à la manière d’un AFI des bonnes heures ou d’un Black Flag. Et ce bassiste s’inscrit parfaitement dans cette tradition Black Flag-ienne au niveau de son jeu. Il impose sa patte pour placer une ambiance plus rauque si ce n’est sombre sur pas mal de morceaux et fera certainement des dommages dans vos amplis. Un autre gros atout pour le groupe donc, qui assure sur quasiment tout l’album sans nécessairement se démarquer tout de suite.
Quoi ? Vous pensiez que j’allais oublier la batterie ? JAMAIS ! Surtout pas ici où elle risque de provoquer des courbature aux Air Drummers en herbe. Car oui, ça va vite, c’est puissant, c’est efficace. Ça pète quoi, une batterie Punk au possible, efficace comme pas deux. Pour vous donnez une idée du rythme, si cela peut vous aider, un morceau va au dessus de 3 minutes 10, les autres se contentant de tenir entre 1 miutes 30 et 2 minutes 30.
Vous vous dites à ce moment que ce groupe est peut-être pas mal n’est-ce pas ? Mais attendez avant d’appuyer sur la croix rouge en haut à droite vous allez manquer le meilleur sinon. Les vocals !!! Avec Mark Unseen au commande rien de surprenant, enfin si, il y a du surprenant. Ce qui est surprenant c’est sa maîtrise de ses cordes vocales. Ceux qui pensait déjà qu’il faisait parti des meilleurs «screamers » de la scène vont être ravi, sur cette année 2010 il est directement en concurrence avec Jacob Bannon de Converge. Le registre est différent mais le talent est là et totalement constant. De la première chanson à la dernière sous forme de chant de bistro Unseen s’installe sur le fauteuil de patron et n’en sort pas. Ses cris rythment le CD, variant du cri perçant plutôt aigu à un hurlement plus rauque (pas de Death Growls ici je précise) en revenant à un hurlement encore plus aigu. Sans parler des quelques parties chantés ou gueulé dans la veine de ce qu’il a pu faire dans certains morceaux de The Unseen. Le chant est vraiment le centre de l’album et je doute qu’il laisse un seul d’entre nous de marbre.
Surtout avec les Chœurs qui nous rappellent que le Punk et le Hardcore ça se chante entre copains et ça se gueule dans les rues en revenant de chez mémé. En effet les Chœurs sont une partie importante de l’album et raviront les fans de Old School et ceux qui auront la chance de les voir en Live.
Pour ce qui est du contenu des lyrics le titre vous annonce déjà la couleur, il s'agit majoritairement de critiques social et politique. Critique des l'autorité, des politiciens, de la religion, de Dieu et surtout des inégalités comme de l'injustice. “When the wreckage starts to rust / And our structures turn to dust and blow away / The hungry will feast on the "well-fed one day / It all unravels at the pull of a string / You’ll find your money don’t mean a fucking thing” (Blood and Grain)
Pour autant l'album n'est pas moralisateur et ne prétend pas donner la solution ultime, au contraire, si une révolution est engagé c'est bien une révolution personnelle. Ici on vous encourage à penser par vous même et de prendre votre vie en main pour faire un monde meilleur.
"Life is what you make it, size what you want"
Avec cette première galette Ashers nous montre déjà qu’il va falloir compter avec eux dans l’avenir. Ramenant le Hardcore à sa base pour pouvoir le pousser un peu plus loin que le son de plus en plus « déjà-vu » des ces derniers temps (qui n’a pas empêché certains groupes de sortir de très bon album qu’on se comprenne), Ashers réalise un tour de force admirable, rien de bien sorcier pourtant, ce n’est pas la première qu’on associe du Trash Metal et du Hardcore et grâce à Ashers ce ne sera pas la dernière. Une petite brise d’air frais donc et c’est toujours appréciable. Alors foncez vous en aurez pour votre argent !
Label : Thorp Records
Le clip de "Now So Clear" : http://www.youtube.com/watch?v=x4ACMp_mCyU
Deux videos Live, "Need To Know" et "Destitution" :
http://www.youtube.com/watch?v=W2eO6M7wRZ8&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=KaLAP7L3CjE&feature=related
Avis de l'auteur : Incontournable ! A posséder.
xTristanx